Écran acoustique de bureau : efficacité réelle

Un écran acoustique de bureau est un panneau absorbant posé sur le plan de travail ou fixé en pied. Son gain mesuré reste modeste : 3 à 8 dB sur le niveau de parole du voisin direct, selon la norme NF EN ISO 23351-1. Il agit par deux effets, la diffraction du son au-dessus de l'arête et l'absorption de ses faces. En dessous de 40 cm au-dessus du plan de travail, le gain devient négligeable. Comptez 60 à 250 € l'unité.

Comment un écran de bureau agit réellement

Un écran ne bloque pas le son : il l'oblige à contourner son arête supérieure. Ce contournement, appelé diffraction, coûte de l'énergie au signal direct. Plus l'arête est haute par rapport à la ligne droite qui relie la bouche du parleur à l'oreille de l'auditeur, plus la perte est grande. Deux personnes assises face à face à 1,60 m ont leur bouche à environ 1,20 m du sol, soit 45 cm au-dessus d'un plateau standard à 0,75 m : un écran de 40 cm de haut coupe tout juste la ligne de vue, un écran de 60 cm y ajoute une marge réelle.

Le second effet vient des faces. Une surface absorbante des deux côtés évite que le son se réfléchisse sur l'écran vers le voisin de rang ou vers le plafond. Un écran en plexiglas produit l'effet inverse : il diffracte un peu et renvoie tout le reste.

La norme NF EN ISO 23351-1 mesure ce gain sous la forme d'une réduction du niveau de parole, notée DS,A, exprimée en décibels. Un écran de bureau courant se situe entre 3 et 6 dB, un écran haut et épais monte à 8 dB. Un box de phonie fermé dépasse 20 dB, mais ce n'est plus le même produit ni le même prix.

Hauteur, épaisseur, largeur : les trois cotes qui comptent

Gain indicatif d'un écran de bureau selon ses dimensions
Hauteur au-dessus du plateauÉpaisseurRéduction du niveau de paroleUsage
25 à 35 cm10 à 20 mm1 à 3 dBSéparation visuelle seule
40 à 50 cm20 à 40 mm3 à 5 dBBureaux en vis-à-vis
60 à 75 cm40 à 60 mm5 à 8 dBPostes de télévente, visioconférence
Cloisonnette au sol 1,60 m40 à 80 mm6 à 10 dBRecoupement de rangées

L'épaisseur joue sur les fréquences basses de la voix, autour de 250 à 500 Hz : un feutre PET de 12 mm affiche un αw de 0,15 à 0,30, un panneau de 40 mm garni de laine atteint 0,70 à 0,90, soit une classe A ou B au sens de la norme NF EN ISO 11654. La largeur doit dépasser le plateau de 10 cm de chaque côté, sinon le son passe par les extrémités.

Une remarque de terrain : l'écran doit être posé au contact du plateau. Un jeu de 3 cm en partie basse suffit à annuler la moitié du bénéfice, car le son passe sous l'écran et se réfléchit sur le plateau.

Matériaux et fixations

  • Feutre PET 12 à 24 mm : le standard du marché, léger, coloré, découpable. Absorption modeste, gain surtout géométrique. Voir la page feutre PET.
  • Cadre tissu sur mousse ou laine, 40 à 60 mm : la meilleure absorption, poids de 4 à 7 kg, nécessite des pinces robustes. Voir la page panneau en tissu.
  • Plexiglas et écran mixte : posé pendant les années sanitaires, sans effet acoustique utile. Un bandeau transparent en partie haute sur une base absorbante reste un compromis acceptable.

Côté fixation, trois systèmes coexistent : pinces à serrage sur plateau de 18 à 40 mm, pieds à poser, et fixation en applique sur le chant. Les pinces universelles ne tiennent pas sur les plateaux à chant biseauté ni sur les bureaux réglables en hauteur à traverse arrière ; il faut alors passer par le kit du fabricant du mobilier.

Les limites à connaître avant d'acheter

Un écran ne traite qu'un couple de postes. Dans un plateau où quinze personnes parlent, le champ sonore réverbéré domine dès 4 à 5 m : les écrans n'y peuvent rien, seul le traitement du plafond agit. Un plateau équipé uniquement d'écrans, sans plafond absorbant de classe A, gagne rarement plus de 1 à 2 dB sur le niveau global mesuré.

La logique complète, avec la distance de distraction de la norme NF EN ISO 3382-3, est exposée sur la page panneau acoustique pour bureau et open space. Pour une séparation plus haute et déplaçable, comparez avec la cloison acoustique. L'ensemble des familles de produits est recensé sur le hub panneaux acoustiques.

Aucun écran de bureau ne protège de bruits gênants au sens du Code du travail. Les articles R4431-1 et suivants encadrent l'exposition à partir de 80 dB(A) sur huit heures : un plateau tertiaire tourne à 55 à 65 dB(A) et relève du confort, pas du risque auditif.

Questions fréquentes

Un écran de bureau réduit-il vraiment le bruit ?

Il réduit le niveau de parole du voisin direct de 3 à 8 dB selon sa hauteur et son absorption, mesuré selon la norme NF EN ISO 23351-1. Sur le niveau sonore global d'un plateau, le gain dépasse rarement 1 à 2 dB, car le champ réverbéré vient du plafond et des murs, pas du poste voisin.

Quelle hauteur choisir pour un écran de bureau ?

Visez 40 cm minimum au-dessus du plateau pour couper la ligne bouche-oreille entre deux personnes assises, et 60 cm pour un poste de télévente ou de visioconférence. En dessous de 35 cm, l'écran ne joue plus qu'un rôle visuel. La largeur doit dépasser le plateau de 10 cm de chaque côté.

Un écran en plexiglas a-t-il un intérêt acoustique ?

Très faible. Il diffracte le son comme n'importe quelle barrière, mais il réfléchit l'intégralité de l'énergie restante vers le plafond et les postes voisins. Un panneau absorbant sur les deux faces apporte 2 à 4 dB de plus à hauteur égale, sans renvoyer de réflexion parasite dans le plateau.

Faut-il des écrans ou un plafond absorbant ?

Le plafond d'abord. Un plafond de classe A traité sur 60 à 80 % de la surface fait chuter la réverbération et la propagation entre rangées. Les écrans viennent ensuite, pour traiter le vis-à-vis immédiat. L'ordre inverse donne des plateaux couverts d'écrans où le bruit reste identique.

Mis à jour : septembre 2026.