Panneau bambou pour jardin
Le bambou se vend sous trois formes en jardin : le rouleau de lattes fines, le panneau rigide à cadre et la palissade de cannes entières de 20 à 60 mm. La différence de durée de vie est considérable, de 4 ans pour un rouleau brut à 15 ans pour un panneau en bambou traité thermiquement. L'entretien annuel, une huile ou un saturateur, décide du reste.
Rouleau, panneau ou cannes entières
Le rouleau de lattes, fait de baguettes de 8 à 20 mm liées par un fil galvanisé, s'accroche sur un grillage comme une canisse. C'est la solution la plus rapide et la plus éphémère : les lattes fines fendent au gel et perdent leur couleur en deux saisons.
Le panneau rigide, monté sur un cadre bois ou aluminium, tient seul entre deux poteaux. Les lattes y sont plus épaisses, 15 à 25 mm, et souvent posées à recouvrement pour une occultation complète. La palissade de cannes entières, enfin, aligne des chaumes de Phyllostachys pubescens, le bambou Moso, ou de Phyllostachys nigra, plus foncé, d'un diamètre de 20 à 60 mm. Les demi-cannes fendues offrent le même rendu à poids réduit.
| Forme | Formats | Occultation | Durée de vie | Prix au m² |
|---|---|---|---|---|
| Rouleau de lattes fines | 1 à 2 m × 3 ou 5 m | 80 à 90 % | 4 à 6 ans | 10 à 22 € |
| Rouleau de demi-cannes | 1,50 à 2 m × 3 m | 90 à 95 % | 6 à 9 ans | 25 à 45 € |
| Panneau rigide à cadre | 1,80 × 1,80 m, 1,80 × 0,90 m | 95 à 100 % | 8 à 12 ans | 45 à 95 € |
| Cannes entières assemblées | Hauteurs 1 à 2,50 m | 85 à 95 % | 7 à 12 ans | 40 à 90 € |
| Bambou traité thermiquement | Lames calibrées, panneau ou lame à clipser | 100 % | 12 à 20 ans | 90 à 180 € |
Durabilité, traitement et classe d'emploi
Le bambou n'est pas un bois mais une graminée : sa paroi contient beaucoup d'amidon et de sucres, ce qui attire les insectes et les moisissures. Un chaume non traité posé en extérieur perd sa résistance en trois à quatre ans. Trois traitements circulent sur le marché.
- Le lessivage au borate : le chaume est immergé plusieurs jours dans une solution de sels de bore qui déloge l'amidon. Efficace contre les insectes, lessivable par la pluie, donc à réserver aux zones abritées.
- L'oléothermie : bain d'huile végétale chaude qui chasse l'eau et sature les parois. Le bambou vire au brun miel et résiste bien mieux à l'eau.
- Le traitement thermique : cuisson à 180 à 200 °C, comme pour le bois rétifié. Le sucre est détruit, le produit devient stable et atteint la classe d'emploi 3 au sens de la norme NF EN 335, celle des ouvrages extérieurs hors contact du sol.
Aucun bambou courant n'atteint la classe 4, celle du contact permanent avec la terre : les poteaux d'une palissade en bambou doivent être en acier galvanisé ou en pin autoclave classe 4, jamais en canne. Le principe des classes d'emploi est repris sur panneau bois extérieur.
Fixer un panneau ou un rouleau de bambou
Un rouleau se fixe comme une occultation souple, sur trois rangs, avec du fil galvanisé de 1,4 mm plutôt que des colliers plastique. Un panneau rigide se visse ou se clipse entre deux poteaux distants de 1,80 m au plus. Dans les deux cas, deux règles conditionnent la durée de vie.
- Garde au sol de 5 à 10 cm : un chaume qui trempe pourrit par le pied en deux hivers.
- Chapeau ou coupe en biais en tête, pour éviter que l'eau ne stagne dans les entrenœuds ouverts des cannes verticales, ce qui les fait éclater au gel.
Le bambou occulte à 90 % ou plus : la clôture reçoit alors la charge complète du vent, de l'ordre de 1 à 1,6 kN par mètre linéaire sur 1,80 m de hauteur selon les pressions de pointe de l'Eurocode 1 (NF EN 1991-1-4). Les massifs de poteaux se dimensionnent en conséquence, avec 60 cm de profondeur et 35 × 35 cm de section pour une hauteur de 1,80 m, sans descendre au-dessus du niveau hors gel. La méthode est détaillée sur poteaux de clôture.
Entretien annuel
Le bambou grisaille comme le bois, par photodégradation de la lignine en surface. Un saturateur pour bois exotique ou une huile de lin diluée, appliqué au pinceau ou au pulvérisateur, conserve la teinte : première application dans les trois mois qui suivent la pose, puis une fois par an sur les faces exposées au sud et à l'ouest. Nettoyez auparavant au balai-brosse et à l'eau savonneuse ; proscrivez le nettoyeur haute pression, qui décolle les fibres superficielles et ouvre la voie aux champignons.
Les fentes longitudinales sont normales sur les cannes entières et n'affectent pas la tenue mécanique tant qu'elles ne traversent pas un nœud. Les gestes communs à tous les matériaux sont réunis sur entretien des panneaux de clôture.
Bambou planté et règles de voisinage
Le panneau évite le principal problème du bambou vivant : les espèces traçantes du genre Phyllostachys émettent des rhizomes qui franchissent une limite séparative en deux à trois saisons. Une barrière anti-rhizome en polyéthylène haute densité de 700 à 800 µm, enterrée sur 60 à 70 cm avec 5 à 10 cm hors sol, reste la seule parade fiable.
Une haie de bambou vivant relève de l'article 671 du Code civil : 0,50 m de la limite si elle reste sous 2 m de hauteur, 2 m au-delà. L'article 672 permet au voisin d'exiger l'arrachage ou la réduction, et l'article 673 la coupe des racines et rhizomes qui passent chez lui. Un panneau de bambou posé en clôture échappe à ces articles mais relève du PLU et, dans les secteurs visés par l'article R421-12 du Code de l'urbanisme, de la déclaration préalable : voir hauteur de clôture.
Les occultations végétales voisines sont comparées sur canisse et panneau en roseau, et l'ensemble des solutions figure dans le guide jardin.
Questions fréquentes
Combien de temps dure un panneau en bambou ?
De quatre à six ans pour un rouleau de lattes fines non traité, huit à douze ans pour un panneau rigide entretenu, et jusqu'à vingt ans pour du bambou traité thermiquement. La garde au sol de 5 à 10 cm et l'huilage annuel comptent davantage que le prix d'achat dans cette durée.
Le bambou en panneau peut-il repousser ou proliférer ?
Non. Un chaume coupé et séché est un matériau inerte, sans bourgeon ni rhizome : il ne peut pas reprendre. Le risque de propagation concerne uniquement le bambou planté, dont les rhizomes traçants exigent une barrière en polyéthylène de 700 µm enterrée sur 60 à 70 cm le long des limites.
Faut-il traiter un bambou neuf avant de le poser ?
Vérifiez d'abord s'il est déjà traité au borate, à l'huile chaude ou thermiquement. Un chaume brut demande une première couche de saturateur avant la pose, y compris sur les coupes et l'intérieur des cannes en tête, puis une reprise annuelle sur les faces sud et ouest, les plus exposées.
Bambou ou composite pour une clôture durable ?
Le bambou coûte 40 à 95 € le mètre carré et demande un entretien annuel pour 8 à 12 ans de service. Le composite coûte 20 à 40 % de plus mais ne réclame qu'un lavage et tient 20 à 25 ans. Le bambou se choisit pour son rendu naturel, pas pour son coût sur la durée.