Panneau solaire fabriqué en France : marques et prix

Aucun panneau vendu en France n'est intégralement français : le silicium, les lingots et la quasi-totalité des cellules viennent d'Asie. Ce qui se fabrique dans l'Hexagone, c'est le module, c'est-à-dire l'assemblage des cellules, du verre, de l'encapsulant et du cadre. Une poignée d'usines le font encore, à Dinsheim, Bourgoin-Jallieu ou Jujurieux. Le surcoût atteint 10 à 30 % au kilowatt-crête posé, pour un bilan carbone divisé par deux environ.

Ce que « fabriqué en France » recouvre vraiment

Un module photovoltaïque traverse cinq étapes : purification du silicium, tirage du lingot, découpe des plaquettes (wafers), fabrication des cellules, puis assemblage du module. La Chine concentre plus de 95 % de la capacité mondiale sur les trois premières étapes. Un fabricant français achète donc presque toujours ses cellules à l'étranger et réalise la dernière étape : soudure des chaînes de cellules, lamination sous vide à 150 °C environ, cadrage aluminium, pose de la boîte de jonction et test au simulateur solaire.

Trois mentions circulent sur les fiches produit, et elles ne valent pas la même chose.

  • Assemblé en France : seule la lamination est faite en France. C'est le cas le plus fréquent et le plus honnête.
  • Cellules françaises : mention beaucoup plus rare, réservée aux modules intégrant des cellules produites sur le sol national.
  • Origine France Garantie : label privé qui exige qu'au moins 50 % du prix de revient unitaire soit acquis en France et que la dernière transformation substantielle y ait lieu. C'est le seul repère contrôlé par un organisme tiers.

Les sites de production encore en activité

La liste bouge vite : plusieurs assembleurs ont fermé entre 2023 et 2025 sous la pression des prix asiatiques, et deux gigafactories annoncées dans le Grand Est et à Fos-sur-Mer n'ont pas encore atteint leur régime nominal. Les repères ci-dessous sont ceux de septembre 2026, à recouper avec l'annuaire de photovoltaique.info avant tout devis.

Principaux assembleurs de modules en France
FabricantSiteÉtape réalisée en FranceGammes courantes
Voltec SolarDinsheim-sur-Bruche (67)Assemblage du module375 à 500 Wc, verre-verre et bifacial
PhotowattBourgoin-Jallieu (38)Lingots, wafers et modulesModules résidentiels et tertiaires
DualSunJujurieux (01)Assemblage du modulePhotovoltaïque et hybride PVT
SystoviLoire-AtlantiqueActivité arrêtée en 2024Stock et service après-vente résiduels

Les modules hybrides produisant électricité et chaleur sont détaillés sur la page panneau hybride PVT. Pour un panorama des marques mondiales et de leur solidité financière, voir fabricants de panneaux solaires.

L'écart de prix, au module et au kilowatt-crête

Le surcoût se mesure sur le module seul, pas sur l'installation complète : la main-d'œuvre, l'onduleur, les rails et le raccordement sont identiques. Sur une installation de 3 kWc, le différentiel représente 400 à 900 € sur un budget total de 7 000 à 9 000 €.

Ordres de grandeur constatés en France, septembre 2026
Origine du modulePrix module seulPrix posé au kWcÉcart
Module chinois d'entrée de gamme0,13 à 0,20 €/Wc1 900 à 2 400 €référence
Module chinois haut de gamme (TOPCon, HJT)0,20 à 0,30 €/Wc2 200 à 2 700 €+ 10 %
Module assemblé en France0,30 à 0,45 €/Wc2 400 à 3 100 €+ 10 à 30 %
Module français verre-verre ou hybride0,45 à 0,90 €/Wc2 900 à 4 200 €+ 30 à 70 %

Ces valeurs sont des ordres de grandeur : les prix des modules varient de plus de 20 % d'un trimestre à l'autre. La grille complète des tarifs posés figure sur prix d'un panneau solaire en 2026, et le format le plus courant est décrit sur panneau solaire 400 W.

Bilan carbone : le seul avantage chiffrable

L'électricité utilisée pour purifier le silicium pèse l'essentiel de l'empreinte d'un module. Produite avec du charbon, elle place l'évaluation carbone simplifiée d'un module chinois entre 700 et 1 000 kg CO₂ équivalent par kilowatt-crête. Un module assemblé en Europe à partir de cellules asiatiques descend vers 500 à 650 kg, et un module intégrant des étapes amont européennes vers 350 à 550 kg.

Ce critère n'a pas d'effet sur le portefeuille d'un particulier : le seuil de 550 kg CO₂/kWc utilisé par la Commission de régulation de l'énergie ne s'applique qu'aux appels d'offres et aux installations dépassant 100 kWc. En résidentiel, il ne conditionne ni la prime à l'autoconsommation, ni le tarif d'achat du surplus. Le gain reste environnemental, et se retrouve à l'autre bout de la vie du module dans la filière décrite sur recyclage des panneaux solaires.

Vérifier l'origine avant de signer

Quatre contrôles suffisent à écarter la majorité des abus de langage commerciaux.

  1. Demander la fiche technique du module, pas la plaquette de l'installateur : le lieu d'assemblage y figure, ou à défaut le siège du fabricant.
  2. Exiger le numéro de série d'un module type et la fiche de test au simulateur (flash test), délivrée usine par usine.
  3. Contrôler la mention Origine France Garantie auprès de l'organisme certificateur plutôt que sur le site du vendeur.
  4. Comparer la garantie produit et de performance : un assembleur français propose souvent 25 à 30 ans de garantie produit, un argument plus solide que l'origine seule si l'entreprise est pérenne.

Une entreprise française qui disparaît emporte sa garantie avec elle, alors qu'un géant asiatique dispose d'une filiale européenne de service après-vente. Vérifiez l'ancienneté et les comptes du fabricant avant de payer un surcoût pour une garantie de 30 ans.

Le reste des critères d'achat, du rendement à la garantie de l'onduleur, est repris dans comment choisir un panneau solaire et dans le guide solaire.

Questions fréquentes

Existe-t-il un panneau 100 % français ?

Non. Aucun industriel ne maîtrise en France la totalité de la chaîne, du silicium métallurgique au module fini. Photowatt réalise les lingots, les plaquettes et l'assemblage sur le même site, ce qui en fait la production la plus intégrée du pays, mais le silicium de départ reste importé. Les autres fabricants achètent leurs cellules en Asie et assemblent le module.

Un panneau français produit-il davantage ?

Non, à technologie égale. Le rendement dépend du type de cellule, pas du lieu d'assemblage. Un module français en TOPCon affiche les mêmes 21 à 23 % qu'un module chinois équivalent, puisque les cellules proviennent des mêmes fonderies. L'assemblage joue en revanche sur la qualité de lamination, donc sur la tenue dans le temps.

Le made in France donne-t-il droit à une aide supplémentaire ?

Pas en résidentiel. La prime à l'autoconsommation et le tarif d'achat du surplus ne tiennent pas compte de l'origine. Le critère carbone ne s'applique qu'au-delà de 100 kWc et dans les appels d'offres. Situation au 10 septembre 2026, à vérifier sur photovoltaique.info avant de signer un devis.

Comment reconnaître un vendeur qui exagère l'origine ?

Trois signaux : la mention « conçu en France » sans lieu d'assemblage, l'absence de fiche technique du module lors de la remise du devis, et un discours qui confond le fabricant du module et l'installateur. Un professionnel sérieux nomme la marque, le modèle exact et la puissance unitaire noir sur blanc.

Mis à jour : septembre 2026.