Tableau électrique : rôle et composition
Le tableau électrique est le point de répartition de toute l'installation : il reçoit l'arrivée du disjoncteur de branchement, la découpe en circuits et protège chacun d'eux contre les surcharges, les courts-circuits et les défauts d'isolement. Un tableau conforme à la NF C 15-100 s'organise en rangées de 13 ou 18 modules, chaque rangée coiffée d'un interrupteur différentiel 30 mA, avec au moins 20 % d'emplacements laissés libres pour les évolutions.
Ce que fait réellement un tableau électrique
Le tableau assure trois fonctions distinctes, souvent confondues. La répartition d'abord : une seule arrivée en 230 V alimente 10 à 40 départs indépendants, chacun dédié à un usage et à une zone du logement. La protection des conducteurs ensuite : le disjoncteur divisionnaire coupe le circuit avant que le câble ne chauffe, ce qui suppose un calibre accordé à la section du fil. La protection des personnes enfin, assurée par les interrupteurs différentiels 30 mA qui détectent une fuite de courant vers la terre.
Un tableau ne régule rien, ne compte rien et ne filtre rien. Le comptage appartient au compteur Linky, propriété du gestionnaire de réseau, et la limitation de puissance au disjoncteur de branchement placé en amont. Cette séparation détermine qui a le droit d'intervenir sur quoi.
Les composants d'un tableau et leur fonction
Un tableau de maison individuelle réunit six familles de matériel. Les prix indiqués sont ceux constatés en grande surface de bricolage et en distribution professionnelle en 2026, hors pose.
| Élément | Fonction | Largeur | Prix unitaire |
|---|---|---|---|
| Coffret et rangées | Support, rails DIN, capot à volets | 13 ou 18 modules par rangée | 25 à 180 € |
| Interrupteur différentiel 30 mA | Protection des personnes, tête de rangée | 2 modules | 40 à 140 € |
| Disjoncteur divisionnaire | Protection du câble d'un circuit | 1 module | 8 à 25 € |
| Peigne d'alimentation | Distribution phase et neutre sur la rangée | Horizontal ou vertical | 8 à 30 € |
| Borniers terre et neutre | Regroupement des conducteurs de protection | Intégrés au coffret | Inclus ou 5 à 15 € |
| Parafoudre type 2 | Écrêtage des surtensions atmosphériques | 2 à 4 modules | 70 à 190 € |
Le parafoudre n'est obligatoire que dans les départements à forte densité de foudroiement et lorsque l'alimentation arrive par une ligne aérienne, ou dès qu'un équipement de sécurité en dépend. Le détail des calibres de disjoncteurs figure sur la page disjoncteurs du tableau, celui des différentiels sur interrupteur différentiel 30 mA.
Comment les circuits sont organisés dans les rangées
Chaque rangée fonctionne comme un sous-ensemble autonome : l'interrupteur différentiel occupe les deux premiers modules à gauche, un peigne relie sa sortie aux disjoncteurs de la rangée, et les départs partent vers le haut du coffret. Un interrupteur différentiel ne protège jamais plus de huit disjoncteurs divisionnaires.
La répartition n'est pas libre. Les circuits sensibles aux courants continus pulsés, plaque de cuisson et lave-linge en tête, doivent se trouver sous un différentiel de type A. Les circuits d'éclairage et de prises d'une même pièce sont répartis sur deux différentiels différents, pour qu'un défaut ne plonge pas la pièce dans le noir. Le nombre de rangées se déduit du nombre de circuits : la méthode complète est détaillée sur tableau 2, 3 ou 4 rangées et les cotes physiques sur dimensions d'un tableau électrique.
Ce qui se trouve en amont : AGCP et coupure d'urgence
Entre le compteur et le tableau se place l'appareil général de commande et de protection, ou AGCP, c'est-à-dire le disjoncteur de branchement. Il est réglable de 15 à 45 A ou de 30 à 60 A selon l'abonnement, différentiel 500 mA à déclenchement sélectif, et il constitue le seul organe de coupure d'urgence de l'installation. La NF C 15-100 impose qu'il soit accessible depuis l'intérieur du logement, dans la gaine technique décrite sur GTL et ETEL, avec sa poignée entre 0,90 et 1,80 m du sol.
Cet appareil appartient au distributeur d'électricité. Il est plombé : son réglage, son remplacement et le raccordement de la liaison qui le relie au tableau relèvent d'Enedis ou d'un électricien habilité, jamais de l'occupant.
Avant toute intervention dans le tableau, coupez l'AGCP et vérifiez l'absence de tension avec un VAT. Les travaux sur la partie amont, sur le compteur et sur la liaison au tableau sont réservés à un électricien. Une installation neuve ou entièrement rénovée doit obtenir l'attestation de conformité visée par le Consuel avant la mise sous tension par le distributeur.
Les points à contrôler sur un tableau existant
Cinq signes suffisent à dater une installation et à décider d'un remplacement, décrit sur la page remplacer un tableau électrique ancien.
- Présence de fusibles à cartouche ou de porte-fusibles : matériel antérieur à 1991, sans protection différentielle des circuits.
- Un seul différentiel 30 mA, voire aucun : la norme en exige deux au minimum, quatre au-delà de 100 m² habitables.
- Absence de borne de terre ou terre non raccordée aux prises.
- Aucune réserve : un tableau saturé interdit l'ajout d'un circuit pour une borne de recharge ou une pompe à chaleur.
- Repérage absent ou illisible, traité sur étiquettes de tableau électrique.
Les exigences chiffrées qui encadrent ces points sont rassemblées sur la page norme NF C 15-100, et l'ensemble des sujets du guide tableau électrique.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le tableau et le disjoncteur de branchement ?
Le disjoncteur de branchement, ou AGCP, appartient au distributeur d'électricité : il limite la puissance souscrite, assure la coupure d'urgence et protège en 500 mA. Le tableau de répartition, situé juste après, appartient au propriétaire du logement : il découpe l'installation en circuits et porte les différentiels 30 mA et les disjoncteurs divisionnaires.
Combien de circuits compte un tableau de maison ?
Une maison de 100 m² sans chauffage électrique demande couramment 15 à 22 circuits : deux à trois circuits d'éclairage, trois à quatre circuits de prises, quatre à six circuits spécialisés, plus la VMC, les volets et le portail. Avec un chauffage électrique et une borne de recharge, le total dépasse souvent 28 circuits.
Peut-on ajouter un disjoncteur dans un tableau existant ?
Oui, si la rangée dispose d'un emplacement libre, si le différentiel de tête ne dépasse pas huit départs et si son type convient à l'usage ajouté. L'opération se fait AGCP coupé et absence de tension vérifiée. Pour un circuit spécialisé alimentant un appareil fixe, faites valider la reprise du peigne par un électricien.
Un tableau électrique a-t-il une durée de vie ?
Le matériel modulaire n'a pas de date de péremption, mais les mécanismes vieillissent : un différentiel doit être testé deux fois par an avec son bouton de test. En pratique, un tableau se remplace lorsqu'il n'est plus conforme, lorsqu'il est saturé, ou lors d'une rénovation lourde, soit tous les 25 à 40 ans.