Stationnement gênant et très gênant : panneaux et amendes
Le Code de la route classe le stationnement irrégulier en quatre niveaux. Gênant, il coûte 35 € au titre de l'article R417-10. Très gênant, sur un trottoir, un passage piéton ou une place réservée, il passe à 135 € au titre de l'article R417-11. Dangereux, il ajoute 3 points de retrait. Abusif, au-delà de sept jours au même endroit, il reste à 35 €. Dans les quatre cas, l'enlèvement en fourrière peut s'ajouter à l'amende.
Les quatre qualifications du stationnement irrégulier
Un véhicule mal garé n'est pas verbalisé de la même façon selon la gêne créée. La qualification retenue par l'agent détermine le montant, le retrait de points et la possibilité d'enlèvement. Elle ne dépend pas de la présence d'un panneau B6a1 : les cas les plus chers sont sanctionnés sans aucune signalisation.
| Niveau | Article | Amende forfaitaire | Majorée | Points |
|---|---|---|---|---|
| Gênant | R417-10 | 35 € | 75 € | 0 |
| Très gênant | R417-11 | 135 € | 375 € | 0 |
| Dangereux | R417-9 | 135 € | 375 € | 3 |
| Abusif (plus de 7 jours) | R417-12 | 35 € | 75 € | 0 |
L'amende forfaitaire minorée n'existe pas en matière de stationnement : régler sous 15 jours ne diminue pas la somme. Montants à vérifier sur service-public.fr, les barèmes de contravention étant révisables par décret.
Ce qui coûte 135 €
L'article R417-11 vise les situations qui privent un usager vulnérable de son espace ou bloquent un service. Les principaux cas relevés sur le terrain :
- trottoirs, passages piétons et abaissements de bordure aménagés pour les fauteuils roulants ;
- pistes, bandes cyclables et voies vertes, traitées sur la page panneaux vélo ;
- emplacements réservés aux personnes handicapées, y compris quand seule la peinture au sol les signale ;
- voies et couloirs réservés aux transports en commun, arrêts de bus et de tramway ;
- devant une bouche ou un poteau d'incendie ;
- bornes de recharge, lorsque le véhicule n'est pas en charge ;
- double file, pour tout véhicule autre qu'un deux-roues.
Le stationnement sur un passage piéton est le motif le plus fréquent en centre-ville : la signalisation associée est détaillée sur la page panneau passage piéton. Les places réservées relèvent quant à elles du panneau stationnement handicapé.
Ce qui reste à 35 €
L'article R417-10 couvre la gêne ordinaire de la circulation : véhicule à cheval sur un emplacement matérialisé, arrêt devant une entrée carrossable, stationnement sur une aire de livraison hors horaires autorisés, sur un pont ou dans un passage souterrain, ou du côté interdit par l'alternance semi-mensuelle. Le stationnement au-delà de la durée autorisée en zone bleue entre aussi dans cette catégorie.
À ne pas confondre avec le stationnement payant non réglé : depuis le 1er janvier 2018, il ne constitue plus une infraction mais un forfait post-stationnement, fixé librement par la commune, couramment de 17 à 75 € selon la ville. Il se conteste devant la commission du contentieux du stationnement payant, pas devant l'officier du ministère public.
Enlèvement et frais de fourrière
Les articles L325-1 et suivants du Code de la route autorisent l'immobilisation et la mise en fourrière dès qu'un véhicule est en infraction de stationnement gênant, très gênant, dangereux ou abusif. Les frais s'ajoutent intégralement à l'amende.
| Poste | Montant indicatif |
|---|---|
| Opérations préalables (véhicule récupéré avant départ) | 15 € environ |
| Immobilisation matérielle (sabot) | 7 à 8 € |
| Enlèvement | 120 à 150 € selon la commune |
| Garde en fourrière, par jour | 6 à 10 € |
| Expertise avant destruction | 61 € environ |
Les tarifs sont plafonnés par arrêté ministériel et modulés par les préfectures : les grandes agglomérations appliquent le plafond haut. Comptez donc 170 à 220 € tout compris pour une voiture récupérée le lendemain, amende comprise.
Si vous surprenez la dépanneuse avant que le véhicule n'ait quitté les lieux, vous pouvez le reprendre en réglant sur place les seules opérations préalables. Une fois la dépanneuse partie, l'enlèvement complet est dû.
Contester une contravention de stationnement
La contestation se fait dans les 45 jours suivant l'avis, en ligne ou par courrier recommandé, sans payer l'amende sous peine de reconnaître l'infraction. Les motifs qui aboutissent sont limités : véhicule volé ou cédé, erreur de plaque, signalisation absente ou masquée, marquage au sol effacé. Une photo datée de l'emplacement et de la signalisation reste la pièce la plus utile.
La régularité de la signalisation est un motif sérieux : un arrêté municipal non affiché sur le terrain par un panneau conforme est inopposable. Le tableau complet des ronds rouges figure sur la page panneaux d'interdiction, et la logique générale des prescriptions sur le guide de la signalisation.
Questions fréquentes
Quelle différence entre stationnement gênant et très gênant ?
La gêne ordinaire de la circulation relève de l'article R417-10 et coûte 35 €. Le stationnement très gênant, prévu par l'article R417-11, vise les trottoirs, passages piétons, pistes cyclables, places réservées, couloirs de bus et bornes de recharge : il coûte 135 €. Aucun des deux ne retire de point.
Le stationnement gênant fait-il perdre des points ?
Non, ni le gênant ni le très gênant. Seul le stationnement dangereux, défini par l'article R417-9 comme celui qui masque la visibilité près d'une intersection, d'un virage, d'un sommet de côte ou d'un passage à niveau, entraîne un retrait de 3 points en plus de l'amende de 135 €.
Au bout de combien de temps un stationnement devient-il abusif ?
Sept jours consécutifs au même point de la voie publique, selon l'article R417-12. La commune peut réduire ce délai par arrêté. Passé ce seuil, l'amende est de 35 € et la mise en fourrière peut être demandée, même si le véhicule occupe un emplacement autorisé et gratuit.
Peut-on récupérer son véhicule avant la fourrière ?
Oui, tant que la dépanneuse n'a pas quitté les lieux avec le véhicule. Vous réglez alors les seules opérations préalables à l'enlèvement, une quinzaine d'euros, en plus de la contravention. Une fois le véhicule parti, la totalité des frais d'enlèvement et de garde journalière devient exigible.